April 13th, 2006

rock

happy centenary, samuel


            Le Concentrisme

Monsieur

    Vous êtes le premier à vous intéresser à cet imbécile. Voici tout ce que j’en sais : j’ai fait sa connaissance ou, plus exactement, il m’a imposé cette incommodité, la veille de sa mort, à Marseille. Il s’est cramponné à moi dans un sombre bistrot où, à cette époque, j’avais l’excellente habitude d’aller me soûler deux fois par semaine. « Vous avez l’air » me dit-il « suffisamment idiot pour m’inspirer une confiance extrême. Enfin » poursuivit-il — (je ne change rien à ses logogriphes) — « enfin et pour la première fois je tombe sur un animal qui, si j’ose en croire mes yeux, est totalement et idéalement dépourvu d’intelligence, plongé dans une divine et parfaite nullité. » Il s’interrompit, se découvrit, et puis, d’une voix vibrante : « Je vous embrasse, mon frère  ! » s’écria-t-il. Je le repoussai vivement. Il faillit tomber, pâlit, et se mit à tousser d’une façon si douloureuse que je ne pus m’empêcher de regretter la violence de mon geste. Mais il se reprit bientôt et m’adressa de nouveau, maintenant d’une voix à peine perceptible.
    « Monsieur » dit-il, « permettez-vous que je vous pose une question  ? » Collapse )
    Gnome

Spend the years of learning squandering
Courage for the years of wandering
Through a world politely turning
From the loutishness of learning.

— written after Samuel Beckett’s resignation from Trinity College; published in the Dublin Magazine IX 3 (July-September 1934); reproduced from Samuel Beckett, Collected Poems in English & French, Grove Press, 1977, p. 7
Collapse )
    Dotage

When your mind’s no longer flowing
Through the conduits of knowing,
Train yourself to forgo fretting
Over things not worth forgetting.

—MZ, 13 April 2006, 10:20 PST